Des chercheurs ont fait une découverte surprenante en étudiant des squelettes de la fin du Moyen Âge. En passant au crible le tartre dentaire de plusieurs personnes, ils y ont relevé des concentrations de mercure anormalement élevées. Ce métal est extrêmement toxique, mais personne ne le savait, à l’époque. Cette analyse soulève le voile sur d’anciennes pratiques médicales dont on ignorait encore tout le danger.
Le mercure a toujours fasciné. C’est le seul métal capable de rester liquide à température ambiante, ça l’a rendu unique pour de nombreuses civilisations, des Égyptiens aux Grecs, qui lui prêtaient presque des vertus magiques. Les Égyptiens en mettaient dans certains cosmétiques. Les Grecs l’ajoutaient à leurs onguents.
Au fil des siècles, le mercure a conquis les laboratoires d’alchimie, certains métiers d’artisans, mais surtout les prescriptions médicales au Moyen Âge. À ce moment-là, médecins et patients ignoraient tout des risques liés aux métaux lourds. Pour eux, le mercure soignait, surtout la syphilis et la lèpre.
Pour en savoir plus, des chercheurs ont mené une étude sur quatre cimetières médiévaux. Ils ont publié leurs résultats dans The Journal of Archaeological Science. Leur méthode : analyser le tartre dentaire de 76 individus, répartis entre quatre sites, dont deux anciennes léproseries, St. Leonard’s en Angleterre et St. Thomas d’Aizier en France. Pourquoi le tartre dentaire ? Parce qu’une fois minéralisé, il garde des traces de ce que chacun a absorbé au cours de sa vie. C’est une véritable petite archive biologique.
Pour éviter toute confusion avec une contamination après la mort, les chercheurs ont aussi récupéré 45 échantillons de terre directement dans les tombes.
Le verdict est clair : les personnes enterrées dans les léproseries affichaient des niveaux de mercure bien supérieurs à ceux retrouvés ailleurs. Les mesures des sols le confirment, il n’y avait tout simplement pas assez de mercure dans la terre pour expliquer de tels taux. Tout pointe donc vers des traitements au mercure administrés aux malades de leur vivant.
Autre détail frappant : les corps enterrés dans la chapelle de la léproserie présentaient les doses les plus élevées. Les chercheurs pensent que ces patients bénéficiaient d’un statut social plus élevé, et donc de meilleurs soins.
En fin de compte, cette découverte montre à quel point la médecine médiévale, parfois, frôlait l’inconscience. Ce qui paraissait alors un remède s’est révélé être l’un des poisons les plus violents pour le corps humain.

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